Je pense à toi comme un souvenir. Je parle de toi comme d'une vérité mensongère, une histoire passée qu'on raconte encore au présent. Une belle histoire, pleine de parfums d'enfance et de rires enjoués. Je vois ton visage à chaque coin de rue, et l'espace d'un instant j'irradie d'un bonheur incontrôlé. Mais tu n'es jamais au coin de la rue, il n'y a que moi et mon désespoir qui me suit partout.
Mais où es-tu à cet instant précis ?
Je ne suis plus capable d'avancer sans penser à quoi pourrait ressembler cette vie si seulement tu étais encore là. Et je réalise ô combien elle serait différente, je comprends à quel point j'aurais mieux réussi en me dépassant toujours plus, pour vous. A quel point ce serait bon de rentrer à la maison et de t'y trouver, à quel point il serait merveilleux de se fabriquer des souvenirs ensemble.
J'entends ta voix dans mes silences.

